Avanti popolo vu par Guy Leboutte

vendredi 16 mars 2007.
 

Un film déconseillé aux admirateurs de Daerden père et fils repentis depuis moins de huit ans.

Le documentaire intitulé « Avanti Popolo ! », d’une durée de 45 minutes, est dû à Yannick Bovy et Mathieu Sonck de Zogma-productions (zogma.org), garnements belges tout à fait adultes, et adultes tout à fait belges, malgré leur raison sociale aux apparences cyber-spatiales mais en fait dogmatiques-critiques : Zogma est certes une merveilleuse planète imaginaire, mais désigne aussi une coquinerie de cinéaste autour de « Dogma ».

Cela dit, préparez vos synthèses et affûtez vos convictions, car nous proposerons ensuite à la salle un débat sur le thème, vaste thème, « Quelle gauche pour le temps présent ? »

Mais redescendons sur terre. Voici, d’après la présentation que les auteurs en font eux-mêmes, quelques mots sur ce film, généralement reçu comme interpellant et stimulant.

« Entre les précepteurs du libre marché, de la finance et du capitalisme globalisé, et les réfractaires aux dogmes néolibéraux [ah oui, il y a aussi ceux-ci], les rêveurs d’autres mondes possibles, nous voyons, aux premiers rangs, nos "camarades de gauche". Ceux que nous avons choisis pour nous représenter devant les précepteurs... et qui ont pris place à leurs côtés. Nos camarades de gauche qui ont un peu oublié pourquoi ils ont été élus. »

« Les réalisateurs, en douce, [disent-ils], prennent quelques images. Des images et des mots en vrac sur le capitalisme, sur l’offensive néolibérale, sur ceux qui résistent. Et aussi sur ceux qui, devant, font semblant. » Voici donc un film déconseillé aux admirateurs de Daerden père et fils repentis depuis moins de huit ans.

Ignorons cette pénible limitation et continuons : nous sommes fiers de vous annoncer de vibrantes présences à l’écran ! À notre gauche, le sociologue chenu Alain Accardo, à qui il sera beaucoup pardonné pour sa phrase : « Il n’est pas nécessaire que les horloges complotent pour donner l’heure exacte », Serge Halimi, estimable auteur de l’inestimable « Les nouveaux chiens de garde », deux cent cinquante mille exemplaires vendus sans aucune publicité et presque aucune couverture de presse, Vincent Decroly, tintin sans peur de la politique nationale (vous verrez !), et François Houtart, chanoine et jésuite altermondialiste sans concession, sinon confession. Que du muscle ! Mais il y a un mais. À notre gauche entre guillemets, avec du peps et du pepsodent, dans la certitude d’être nés pour les lumières des projos et les fastes des micros, commençons par les rimes en « O », nous avons Elio Di Rupo, en butte à un origino-compatrio’te. Nous avons aussi Pascal Lamy, socialiste français, ami de Delors et ami de l’or, aujourd’hui patron de l’Organisation Commerciale du Monde, et nous avons Anne-Marie Lizin, que nous nous gardons de dévoiler. Ici, nous verrons du mou et du grand écart.

Dans la salle, à part vous et moi, ce qui n’est pas rien !, il y aura aussi Yannick Bovy, un des deux réalisateurs du film. Il souhaite très clairement nous accompagner plutôt que satisfaire aux conventions du succès : pas la peine donc de préparer des questions cinéphilistines ! Il sera des nô-ô-ôtres dans le vrai sens du terme.

http://uneautregauche.be

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